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DES PISTES POUR VALORISER LES GROS BOIS DE SAPIN EN ISÈRE


Les intervenants lors du colloque. De gauche à droite : F.Scorcione (charpentier), J-C Sarter (élu), D.Rabatel (coopérative COFORET), S.Eymard (scieur), J-Y Bouvet (ONF), L.Staub (expert forestier)

 

Le sapin représente 17% des peuplements forestiers en Isère et parmi 41% sont des gros bois de sapin (diam. > 47,5 cm). L question de leur valorisation est essentielle pour alimenter l’aval de la filière forêt/bois et maintenir le dynamisme économique de la filière locale.

 

Une ressource à la transformation contraignante

 

Bien que très présents dans les peuplements forestiers du département, les gros bois ne font pourtant pas l’unanimité chez ses principaux acheteurs, les scieurs, pour plusieurs raisons :

 

-      Un temps de séchage rallongé et une sensibilité accrue aux déformations lors de ce processus

 

-       Des dimensions hors standards exigeant des équipements spécifiques coûteux pour leur transformation

 

-       Une qualité moindre avec des bois présentant plus de noeuds : 46% des gros bois est déclassé en palette, contre 25% pour des dimensions standards

 

En conséquence, on observe une baisse de prix du sapin au-delà de 50 cm et – concernant la forêt publique – les lots de bois contenant une forte proportion de gros bois trouvent moins facilement preneur. De plus, la morosité du marché actuel incite les propriétaires à garder leur bois pour les vendre d’ici quelques années dans un contexte plus favorable.

 

Face à ces constats, une question se pose : Comment limiter l’offre de gros bois sur le marché tout en régénérant de l'attractivité pour les acteurs de l'aval ?

 

Des propositions pour équilibrer la demande et l’offre

 

D’un point de vue sylvicole, il parait urgent de décapitaliser les gros bois afin de permettre le renouvellement des jeunes tiges : cela se traduit par l’amélioration de l’accessibilité et la recherche de nouveaux moyens de débardage.

 

Mais il s’agit également de combattre le déficit de la notoriété du sapin dans les constructions. D’une part en appuyant les initiatives visant à la promotion du patrimoine local (AOC Bois de Chartreuse, projet « Sapin Blanc » dans la Loire…) et d’autre part en sensibilisant les bureaux d’études de l’intérêt d’adapter chaque essence au chantier. Les produits sapins dont l’aspect visuel dérange peuvent en effet être utilisés en bois de structure (ossature, platelage de toiture…)

 

Des suites à donner pour la valorisation des gros bois

 

Malgré la sensibilité du sujet, les échanges entre le public et les intervenants sont restés calmes lors de ce colloque. L’objectif d’arriver à l’émergence de propositions qui puissent être saisies par les instances décisionnaires régionales a été tenu. Par ailleurs, la question de la valorisation des gros bois constitue un axe d’action à part entière du projet METIS regroupant un certain nombre de partenaires (Communes Forestières, ONF, FIBRA, FCBA…) et qui débutera en 2018.

 

 

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