Formation

LA CENTRALE DE COGÉNÉRATION DE PIERRELATTE LIVRE SES SECRETS AUX ÉLUS ARDÉCHOIS ET DRÔMOIS

Répondant à l’invitation conjointe des Communes forestières de l’Ardèche et de la Drôme, plusieurs élus se sont retrouvés le 11 décembre dernier, pour une formation « bois pour la production industrielle d’énergie », avec comme temps fort, la visite de la centrale de cogénération de Pierrelatte. L’objectif de cette initiative était autant d’apporter des clefs de compréhension sur le fonctionnement d’une centrale de cogénération biomasse, que d’échanger sur la thématique de l’approvisionnement.

Un approvisionnement en circuit court

La première partie de la formation a été consacrée à la visite d’une plateforme de stockage de bois énergie, gérée par la société Enerbio, qui approvisionne la centrale de cogénération de Pierrelatte. Les sources d’approvisionnement des 150 000 tonnes par an de bois gérés par cette entreprise sont diverses. En effet, elles se composent d’une proportion de 40% de bois ronds et de 38% de plaquettes forestières ; la part restante étant constituée principalement de connexes de scieries.

Dans le cadre de la délégation de service public que remplit le groupe Coriance, qui possède un droit d’exploitation de 20 ans de la centrale de cogénération de Pierrelatte, 80% des approvisionnements de ce site doivent provenir d’un rayon inférieur à 80 kilomètres. La totalité du combustible devant lui être achetée à moins de 200 kilomètres. Ainsi, la société Enerbio répond à cette exigence en se fournissant auprès de 15 départements voisins, dont la Drôme et l’Ardèche, qui représentent à eux deux plus de 50% des approvisionnements. De plus, pour des raisons de diversification et de sécurisation de son approvisionnement, Enerbio possède une cinquantaine de fournisseurs, dont l’Office national des forêts, qui commercialise par ce biais une partie des bois provenant des forêts des collectivités. Plus globalement, il semble essentiel de noter que l’activité de ce type de plateforme de stockage, qui va croissante depuis 2013, est un marqueur de l’augmentation de la récolte de bois énergie en Drôme et en Ardèche. En effet, comme le montre l’interprofession FIBOIS 07/26 dans un rapport synthétisant l’évolution des volumes récoltés sur ces deux départements, la diminution de la part du bois industrie entre 2004 et 2014 est compensée par l’augmentation de celle du bois énergie.

Une centrale qui valorise la combustion de la biomasse et qui est source d’emplois

Le projet de cogénération de Pierrelatte a vu le jour suite à l’évolution du procédé industriel de la centrale nucléaire du Tricastin. En effet, le changement de son fonctionnement traditionnel a conduit à l’arrêt de l’alimentation d’un réseau de chaleur, qui desservait diverses installations dont les serres de Pierrelatte, la ferme aux crocodiles, des équipements de la ville de Valence et des logements sociaux. Ainsi, en substitution à cette source d’énergie fournie par le Tricastin, il a été décidé de développer un projet d’envergure en créant une centrale biomasse qui permette de produire à la fois de l’électricité et de l’eau chaude. Plus concrètement, le fonctionnement d’une centrale de cogénération se base sur la combustion de la biomasse, dont l’énergie thermique produite permet de transformer de l’eau sous forme liquide en vapeur d’eau. La montée en pression de cette vapeur d’eau sert ensuite à l’alimentation d’une turbine produisant de l’électricité. Tout l’intérêt d’une telle centrale réside dans l’utilisation de la vapeur d’eau à basse pression, qui permet d’alimenter un réseau d’eau chaude fermé, long d’une trentaine de kilomètres en ce qui concerne la centrale de cogénération de Pierrelatte. Ainsi, sa création, financée à hauteur de 60 millions d’euros par le groupe Coriance dans le cadre d’une délégation de service public engagée par le Syndicat Mixte d’Aménagement Rural de la Drôme, a permis la création de 23 emplois directs sur le site.

Une formation pour développer un point de vue critique

Des centrales de cogénération comme celle de Pierrelatte représentent bien évidemment pour les Communes forestières une possibilité de valorisation de leurs bois qui ne peuvent répondre à d’autres usages. Cependant l’utilisation du bois servant à la production d’électricité n’est pas sans poser de questions. Les participants se sont notamment interrogés sur le modèle économique de ces installations et sur la sécurisation de leur approvisionnement dans le cadre d’une gestion durable des forêts. A ce sujet, il semble essentiel de rappeler que la Charte bois énergie adoptée par la fédération nationale des Communes forestières fixe comme première priorité l’approvisionnement des chaufferies rurales, et des réseaux de chaleur des centres urbains dans un second temps.

Les collectivités devront se saisir de la question, afin de participer activement à la réflexion inhérente à de tels projets et à la dynamisation de la récolte de bois énergie le cas échéant.

 

REVENIR A LA PAGE PRECEDENTE