Bois énergie > Stucturer l'approvisionnement local

OPTIMISER SON RÉSEAU DE CHALEUR BOIS : MODE D’EMPLOI

Dans un contexte de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et de recherche d’une autonomie énergétique, les réseaux de chaleur bois-énergie représentent de réelles opportunités pour les collectivités. Cependant la mise en pratique est souvent chaotique et les bénéfices parfois éloignés des résultats escomptés. L’accompagnement de la maîtrise d’ouvrage reste une variable d’ajustement très significative. Un audit, des conclusions, des recommandations.

Les réseaux de chaleur bois énergie se sont considérablement accrus ces dernières années en Rhône-Alpes. Fortement soutenues et accompagnées en phase amont, les collectivités qui ont fait le choix de gérer en régie ce type d'installation sont le plus souvent livrées à elles-mêmes, démunies pour gérer la phase d'exploitation.

Une situation bien dommageable puisqu’elle fait courir le risque d’une mauvaise optimisation, à plusieurs titres :

- fonctionnel (rendement, pérennité du matériel, ...),

- environnemental (gestion des cendres, émissions, ...),

- économique (calcul du prix du service),

- administratif (budget équilibré, facturation, ...).

Fortes de ce constat, Rhône-Alpes Energie environnement (RAEE) et l'association des Communes forestières ont missionné le bureau d'étude Kalice pour auditer et suivre une dizaine de réseau de chaleur bois énergie en région.

L'objet de ce travail, soutenu par la région Rhône-Alpes, l'Ademe, et l'Europe (dans le cadre du FEADER) a été d'identifier les marges d'optimisation techniques, économiques et administratives.

BILAN DE L’AUDIT

Les résultats de cet audit présentent un certain nombre de récurrences.  

- Surdimensionnement quasi systématique des chaudières alimentant le réseau

Ceci s'explique suivant les cas, soit par un mauvais choix du bureau d'étude, soit par une mauvaise estimation de la puissance souscrite, soit par un problème de raccordement au réseau ; les collectivités propriétaires n'ayant pas de démarche prospective pour estimer le nombre d'abonnés.

- Manque de relevés réguliers

Les collectivités maîtres d'ouvrages sont peu ou pas sensibilisées à l'intérêt de relever quelques indicateurs simples (compteurs chaufferies, taux d'humidité, ...) pourtant cruciaux pour optimiser les installations, calculer au plus juste le prix de revient du service, et en conséquence, maintenir l'équilibre économique de la régie.

- Lacunes du personnel communal

Point de mauvaise volonté, mais de grandes difficultés à mesurer la différence entre le fonctionnement d'une chaudière à énergie fossile et celui d'une chaudière bois. Le suivi démontre la nécessité de parfaire la formation technique, voire la dispenser.

- Aucun indicateur de performance dans les contrats d'exploitation

Les collectivités maîtres d'ouvrages font régulièrement appel à des prestataires pour assurer les parties les plus techniques de l'exploitation. Le manque de précision de l’intervention tout comme l'absence d'indicateur de performance (couplé à de l'intéressement) sont regrettables au regard de la plus-value que pourrait apporter ce service.

- Mauvaise gestion de la provision pour grosse réparation (P3)

La grande majorité des régies accompagnées n'intègre pas dans le calcul du prix de l'énergie vendue, la provision (dans le budget de la régie) qu'il est vivement conseillé de pratiquer pour anticiper les grosses réparations survenant au bout d'une dizaine d'années d'exploitation ; cela éviterait que la collectivité n’abonde le budget de la régie à partir du budget communal au moment de ces incidents.

- Modalités d'approvisionnement en combustible à revoir

L'achat en euros par mètre-cube apparent de plaquette (MAP) pénalise le suivi et donc l'optimisation des installations dans la mesure où il ne permet pas de comptabiliser précisément la quantité d'énergie livrée (variation de plus ou moins 30% en fonction du taux d'humidité et de l'essence de bois). L'achat à la tonne ou au mégawattheure reste préférable.

L'ensemble de ces constats ne remet certes pas en cause la pertinence d'un réseau de chaleur alimenté par du bois énergie. Une étude similaire menée pour les réseaux fonctionnant à l'énergie fossile aurait mis en évidence autant de marges d'amélioration.

Néanmoins, il témoigne de l'intérêt d'évaluer l'opportunité de mutualiser la gestion des réseaux à une échelle intercommunale et par là même valoriser au mieux le dispositif, capitaliser expérience et compétence.

Télécharger la présentation résultats du suivi.



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