Actualités > Ain

QUEL AVENIR POUR LA SAPINIÈRE DE L’AIN ?
Dans les années 1970, la forêt du Bugey était riche et déséquilibrée : trop de gros bois (50 à 60 centimètres de diamètre) et déficit en petits bois (20-25 centimètres). Mais cette forêt était adaptée à la demande des entreprises locales qui étaient concentrée sur des gros bois. Toutefois, depuis les années 1970, les tempêtes (1999, 2017) et les sécheresses estivales  (1976, 1983, 1991, 2003, 2015) ont brutalement accéléré la décapitalisation de cette forêt résineuse du Bugey. Historiquement, la forêt bugiste a connu trois grandes phases :
  •  Avant le XIXème siècle : surexploitation conduisant à une forêt constamment rajeunie ;
  • XIXème siècle : phase de reconstitution et de capitalisation : gestion prudente et effort de régénération résineuse ;
  • XXème siècle (à partir de 1970) : phase de décapitalisation.
Actuellement, la forêt du Bugey souffre d’un déficit de résineux mais est confrontée à une explosion des feuillus avec une augmentation de 21% de leur volume par hectare entre 2008 et 2015. De nombreuses études effectuées ces dernières années sur la forêt du Bugey ont permis de faire plusieurs constats :
  •  Des feuillus jeunes et dynamiques qui remplacent progressivement les résineux ;
  • Un manque de « Petits Bois » résineux pourtant nécessaires pour les entreprises locales ;
  • Un manque de régénération résineuse bien que le Fonds local de replantation permet de contribuer à créer une ressource forestière pour l’avenir ;
  • Un marché du feuillu inexistant.
Pour faire face à cette évolution l’ONF a élaboré trois scénarios sylvicoles pour l’avenir. Le premier vise à mettre en place un rajeunissement accéléré qui se caractérise par des récoltes importantes pendant 15-20 ans couplées à un effort de renouvellement en faveur des résineux. Ce scénario sacrifie une génération mais permet de répondre aux demandes des entreprises locales en termes de ressource.

Le second scénario, qui est celui généralement retenu par les communes qui renouvellent leur aménagement, consiste à effectuer une recapitalisation progressive avec des récoltes étalées dans le temps, une récolte intensive des feuillus ou encore un rajeunissement progressif en faveur de résineux.

Enfin le dernier scénario concerne à laisser les feuillus s’installer en utilisant la dynamique actuelle et à trouver des débouchés pour les valoriser.

Pour assurer l’avenir de la Sapinière du Bugey, plusieurs dispositifs financiers existent sur le territoire (Sylv’Acctes, Fonds local de replantation, Conseil Régional...) avec des résultats probants sur les dernières campagnes de plantation de l’ONF :
  • 2015-2016 : 79000 plants-70 hectares
  • 2016-2017 : 48000 plants-45 hectares
  • 2017- 2018 : 75000 plants-70 hectares
Cette nécessité de planter permet notamment de valoriser des friches agricoles, une diversification des essences ou encore une adaptation au changement climatique.

REVENIR A LA PAGE PRECEDENTE